MIRRORSOFT

1983 1991PuceRoyaume-Uni Londres (voir sur l'atlas)
Suite à un voyage aux États-Unis et tant que directeur de production du groupe de presse britannique Mirror, Jim Mackonochie décide de lancer le groupe dans l'aventure micro-informatique, alors que le groupe passe à l'été 1984 sous le contrôle de Maxwell Communications, le groupe presse du magnat Robert (Bob) Maxwell et de son fils Kevin. Dès que Jim Mackonochie lance Mirrorsoft, les soumissions de programmes affluent. Pour autant, les titres retenus sont tout sauf obscurs, mais relèvent plutôt de développeurs établis ou de licences rassurantes. Comme la ligne éditoriale de départ consiste en des titres pour enfants, les droits des fameux Mr Men de Roger Hargreaves sont acquis et les premiers titres publiés. Parmi les développeurs retenus, on note, par ordre alphabétique, Acornsoft, Andromeda Software, H&H Software (voir Trivia 1), Ivan Berg Software, Primer Educational Software, Rowan Software et Widgit Software. Parmi eux, devinez lesquels ont retenu notre attention (voir Trivia 2).

En décembre 1984, Jim Mackonochie prend la direction de Mirrorsoft et s'en occupe à temps plein, quittant ainsi son poste de directeur de production. Un nouvel essor est donné à la société qui, avec Dynamite Dan, signe son véritable premier hit, un jeu de plateformes tranchant avec les productions enfantines à la Caesar the Cat. Parallèlement, la société développe des utilitaires pour BBC Model B, Atari ST, PC et Amstrad (CP/M).

En 1987, Mirrorsoft rachète PSS et prend la décision de se consacrer quasi-exclusivement au marché des jeux 16 bits, alors que les éditeurs britannique n'ont d'yeux que pour les micros 8 bits. Cela va passer notamment par l'importation de logiciels américains, un pays plus en avance sur ce marché. Mirrorsoft s'occupe de la distribution de trois éditeurs américains, et pas n'importe lesquels : Cinemaware (Defender of the Crown, Rocket Ranger), FTL (Dungeon Master) et Spectrum HoloByte (Falcon), excusez du peu ! En ajoutant à cela l'édition en Europe de Tetris, on comprend facilement la croissance rapide de Mirrorsoft, dont la réputation n'en grandit pourtant pas beaucoup. Tous leurs gros succès sont américains, alors que leurs propres jeux, comme Bermuda Project, ne marquent pas les mémoires. Une refonte de leur image de marque s'impose.

C'est la tâche qui incombe à Peter Bilotta, directeur financier d'Activision débauché par les Maxwell, qui prend les rênes de Mirrorsoft en mars 1988 (voir Trivia 3). Et c'est ainsi que naît le label Image Works - sur la fiche duquel vous trouverez davantage d'informations à son sujet. Le nom de Mirrorsoft reste utilisé sur les logiciels importés. Le succès est au rendez-vous, et Mirrorsoft rejoint enfin les grand noms du logiciel ludique britannique. En 1991, c'est le label budget Mirror Image qui est lancé.

Le 5 novembre 1991, Robert Maxwell se noie au large des Îles Canaries. Son groupe financier, endetté et dont les comptes faisaient la part belle aux malversations en tous genres, s'effondre rapidement, et même ses sociétés en bonne santé n'y réchappent pas. Malgré les espoirs de rachat de dernière minute, les employés de Mirrorsoft apprennent le 31 décembre la liquidation de leur société (voir Trivia 4). RIP et bonne année 1992 quand même !

Trivia 1
H&H Software est la première société des époux Hyde, Rod et Mary. C'est la société du couple, dont le nom se développe en Hyde & Hyde. A l'occasion de la création de leur deuxième société, Rowan Software, H&H Software disparaît naturellement.

Trivia 2
Voici donc notre sélection, plus ou moins partiale, et pour quelles raisons : Acornsoft juste pour Acorn, Andromeda Software qui lancera Tetris, et Rowan Software qui, en plus de faire des conversions Amiga et Atari ST de simulateurs de vol comme Falcon, écrira ses propres simulateurs comme Flight of the Intruder.

Trivia 3
Jim Mackonochie, lui, passe chez Pergamon Compact Solutions, une société située dans les mêmes bureaux que Mirrorsoft et consacrée à la R&D sur le format CD-ROM, un format encore embryonnaire. Parmi les CD-ROMs développés par PGCS, le mode d'emploi du Boeing 757 (l'équivalent de 20000 pages papier) avec son moteur de recherche, et la version interactive du Guinness Book des records. Et grâce à un investissement de 5 millions de livres de Mirrorsoft, PCS réalise également la version CD-ROM de Defender of the Crown.

Trivia 4
Evidemment, les derniers jeux édités par Image Works (Mega Lo Mania, First Samurai, Cisco Heat, Teenage Mutant Hero Turtles 2 : The Coin-Op !) ont vu leurs ventes s'arrêter net, et leurs développeurs y ont perdu des royalties. Quant aux projets en développement, ils ont connu des fortunes diverses :

Lure of the Temptress, Reach for the Skies, Apocalypse : rachetés par Virgin Games
Fire & Ice : racheté par Renegade Software
Legend : racheté par Mindscape International
Alien III : racheté par Acclaim
Duster (Realtime Games), Red Phoenix (Rowan Software), Suzerain (Foursfield), Drop Soldier (Ross Goodley), la version PC de Brat : abandonnés
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