Nouvelle/Roman de Indianagilles
fanarts_ltf Extrait :Loom

Le dragon desserra ses griffes et laissa tomber lourdement Bobbin sur le tas d'or. Le Tisserand amortit sa chute comme il le put mais en perdit sa quenouille sous le choc. Sa vue se troublait. O tait-elle donc passe ?

En se couchant sur sa montagne dore, le dragon aperut enfin sa victime. Quelle ne fut pas sa surprise en y voyant un humain tout frle et non le mouton dont il comptait se rgaler !

- Quel idiot ! fit-il en levant son long museau vers le ciel. Comment ai-je fait pour me tromper ? Ca m'apprendra me dpcher. Je me disais que ma proie tait bien maigre.

Bobbin glissa du nid d'or. Il chuta jusqu' s'craser contre la roche noire du volcan. Quel choc de nouveau ! Il se retrouvait assis sur son postrieur. En voyant le dragon le fixer de ses yeux rouges, Bobbin recula se propulsant en arrire l'aide de ses maigres jambes. Il n'avait pas fait un demi-mtre qu'il se retrouva bloqu contre la paroi du volcan.

- Qu'est-ce que tu es mal lev ! s'cria le dragon. Arrte de me regarder comme a !

Bobbin tremblait comme une feuille au vent. Et mme s'il valait mieux pour lui retrouver immdiatement sa quenouille magique, il ne pouvait s'empcher de rester fig devant l'immense bte qui le surplombait.

- Je te fixais ? dit-il d'une voix crispe et faiblarde. Je m'en excuse.

- Ce n'est pas trop grave. l'excusa aimablement le dragon en posant sa tte sur son tas d'or. Je suis de mauvais poil quand j'ai l'estomac creux.

Et voil : on arrivait la fin de cette folle histoire.

- Je suppose que tu vas me manger maintenant, fit Bobbin acceptant son sort.

Le dragon redressa la tte comme bless par de tels propos :

- Tu es bien trop maigre ! Plus de nerfs que de viande. Je n'aime pas vraiment a. Et excuse-moi mais sauf ton respect, je ne pense pas vraiment que ta chair ait un bon got.

- Je t'excuse, noble dragon.

La bte mit un bruit que l'on pouvait assimiler un ricanement.

- Noble dragon ! rpta-t-il amus. C'est bien la premire fois que l'on me nomme de la sorte, a oui ! D'ordinaire, les gens ont plutt tendance m'appeler Monstre machiavlique , Envoy du Malin ou bien encore Sale lzard dmoniaque ! Mais que l'on me donne du noble, c'est totalement indit, je peux te l'assurer ! Ma foi a n'est pas si dsagrable d'entendre une flatterie de temps en temps !

Bobbin se redressa sur ses pieds. Il ne le mangerait peut-tre pas, mais il doutait fortement qu'il le laisse quitter les lieux, mme aprs une aussi charmante conversation. Quel sort lui rservait ce monstre ?

- Tu vas m'incinrer, maintenant ? lui proposa stupidement le Tisserand.

Le dragon tira sa langue fourchue comme dgot par une telle ide.

- T'incinrer ? fit-il choqu. Vraiment, tu te prends pour qui, mon mignon ? Tu es mal tomb si c'est a que tu cherches.

Pas spcialement, songea Bobbin en laissant chapper un soupir. Lui qui dtestait les flammes et les feux, a n'tait pas ce que l'on pouvait appeler une mauvaise nouvelle.

- Ecoute-moi bien petit, continua le dragon en grattant frntiquement son aile de sa patte arrire : je n'ai pas fait le coup du feu depuis mes dernires chaleurs. Et ne me demande pas quand a remonte !

Ses dernires chaleurs ? C'tait donc une femelle ? Si grande ? Si un mari existait, Bobbin n'tait pas vraiment press de le rencontrer. Les Bergers et les Verriers ne semblaient pourtant avoir fait allusion qu' un seul de ces rares spcimens. Tant mieux : c'tait dj bien assez pour un tout petit Tisserand.

- Ces petites flammes autour de mes narines. ne m'en parles pas ! Sujet trop brlant pour un vieux reptile !

- Tu ne produis pas de feu ? s'tonna le Tisserand soulag.

- Non, mon petit. C'est pas mon genre. Entre nous, a me rend malade.

Bobbin laissa chapper un rire touff. Et bien a alors !

Le Tisserand cherchait toujours sa quenouille des yeux et il la trouva enfin sur le monticule de trsors. Il tenta de la rejoindre en escaladant mais il avait bien du mal trouver une prise dans les petites pices d'or. Elles taient glissantes comme des savonnettes !

Le dragon ne comprenait pas ce que voulait faire Bobbin mais jugea ncessaire de lui donner un coup de patte . Elle tendit l'une de ses serres avant vers l'humain tout frle et le souleva dlicatement. Quel formidable tissu ! songea la bte en le dposant un peu plus haut sur ses trsors.

Pendant un moment, Bobbin avait eu bien peur que le dragon ne change d'avis et ne le dvore tout cru. Mais cette femelle semblait plus amicale que son apparence le laissait supposer. Il ne s'en plaignait pas mais commenait se demander si elle le dlivrerait un jour. A quatre pattes, Bobbin filait droit sur sa quenouille. Sans elle, il se sentait vraiment nu.

- Tu dois te demander qui est mon dcorateur ? fit le dragon pour faire la causette. En toute modestie, j'ai tout fait moi-mme. C'est vraiment peu de chose compar aux jours passs de ma splendeur.

Peu de chose ? Ce dragon possdait plus de richesses que tout un royaume !

- Un jour, continua-t-elle, j'ai trouv du cristal comme on en voit plus !

Bobbin glissa une fois encore de quelques mtres vers le bas. Maudit tas d'or mouvant ! Quand tout coup il ralisa ce que venait de lui dire le dragon femelle : du cristal ? Elle devait parler de Bottleblow le Verrier ! C'est vrai qu'il n'y avait ici que de l'or et aucunement de cristal, de diamant. Bobbin tout en remontant vers sa quenouille continua d'couter attentivement les paroles rauques de la bte.

- Que s'est-il. Bobbin s'agrippa au manche d'une pe dor et se hissa un mtre plus haut. Que s'est-il pass ?

- H bien, comme par hasard, un magicien amateur a essay de dtruire mon volcan. Un tremblement de terre maison ! Tout mon cristal bris en mille morceaux ! Ce garon a pay trs trs cher son audace. Je n'ai russi garder qu'un seul objet : une boule de cristal fabuleuse !

Bobbin s'assit un moment pour reprendre son souffle. Elle avait bien parl d'une boule de cristal ?

- O est-elle donc cette boule de cristal ? demanda le Tisserand intrigu de connatre nouveau son avenir.

Le dragon se gratta les cailles de son museau et rpondit son invit forc :

- Je n'en sais rien. Je l'ai perdue dans la cave sous la montagne et je ne l'ai jamais retrouve. J'ai bien cherch, mais rien faire, c'est la vie !

Enfin Bobbin rcupra sa quenouille. Il en rit de complaisance avant de glisser nouveau jusqu'au niveau du sol. Il s'crasa sur la pierre comme un vieux sac de patates. Merveilleuse robe que celle tisse par Hetchel ! Avec tous ces accrocs, ces chutes et ces coups elle n'avait pas une gratignure ! Au moins il n'avait pas lch sa quenouille. Et mme s'il avait eu bien du mal se relever cette fois, Bobbin tait bien content de l'avoir nouveau bien en main.

- Vas-tu me librer ? demanda le Tisserand au dragon.

Sa rponse ne fut pas celle espre par Bobbin :

- Hlas, je ne peux pas mon garon !

Bobbin en fut terrass.

- Pourquoi ?

- Ma rputation ! Je ne peux pas laisser chapper un humain de mon antre secret ! Imagine que tu rappliques avec un autre de ces magiciens idiots et que tu me fasses tout sauter !

- Je ne dirai rien ! Je te le promets !

Le dragon mit un autre de ses ricanements bien particuliers.

- Je l'aurais jur ! Imagines-tu quelqu'un tentant de fuir m'avouer qu'il reviendrait pour me rtir les cailles si je le dlivrais ?

- Que vas-tu faire de moi, dans ce cas ?

Le dragon se dressa sur ses pattes arrire puis se mit tourner sur lui-mme. Enfin, elle se blottit bien confortablement au sommet de sa montagne et rpondit l'humain capricieux.

- Et bien, je pensais te garder ici comme esclave personnel.

- Esclave personnel ?

- Oui. Tu devras nettoyer cet endroit quand je ne suis pas l, faire briller chacun de ses sous comme s'ils taient neufs. et, tiens, me flatter comme tu l'as fait prcdemment. C'est trs bon pour mon ego, a !

Les forces de Bobbin l'abandonnrent et il s'croula lourdement par terre. Quel coup bas ! Il tait n esclave des Tisserands, il mourrait esclave d'un dragon capricieux ! Mais au moins, sur l'le du Loom il y avait de grands espaces qui lui permettaient de se promener sa guise. Mais ici. Non ! Plutt mourir que d'accepter un pareil destin !

Bobbin repensa la vision qui lui tait apparue dans la boule de cristal. Une grotte en flamme. Et bien y rflchir, cette grotte tait celle-ci ! Il se souvint y avoir vu un passage. Ce passage, il tait sous ce monticule d'or, il pouvait le jurer ! Mais. l'or n'tait pas une matire brler ? Et supposer qu'il le soit, comment y mettre le feu ? Ce dragon semblait aussi incendiaire qu'un pompier !

- Je refuse de te servir d'esclave, maudit dragon !

La bte leva les yeux au ciel comme pour y chercher un soutien.

- Et voil ! Finies les flatteries ! Maudit dragon qu'il me dit maintenant ! Tant pis. Je vais donc me faire un petit casse-crote !
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